Interview de Christian Tissier (- partie 3)

(Deuxième partie lisible ici)

Christian Tissier par Hélène Rasse

Flash : Si tu nous permets de remonter un peu dans le temps, nous aurions aimé évoquer le stage que tu avais donné conjointement avec Sugano Shihan car ce fut, pour beaucoup, un moment intense…

C.T.: Oui, rétrospectivement ce stage est encore plus touchant car il est mort trois mois après. Les participants avaient répondu présents. Il y avait beaucoup de monde et une bonne ambiance. Sugano Senseï avait intégré depuis longtemps le fait qu’il y avait une possibilité d’avoir des actions communes car cela ne nuisait à personne. Et pour ça je le remercie vraiment. Je n’étais pas personnellement très lié à lui mais je l’avais rencontré de nombreuses fois. Je n’aurais pas accepté ce stage avec d’autres. Ni lui ni moi n’étions contraints ni forcés, c’était parfait.

Flash : Il s’agit de la 13e édition du stage de Wégimont, avec toi, depuis l’année 2000. Que souhaites-tu pour ce stage, à l’avenir ?

C.T.:  Déjà depuis 2000…. Il faut souhaiter que cela continue et que cela évolue. Il y a eu un beau renouvellement depuis le premier stage d’été. Les pratiquants qui venaient en 2000 et ceux d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes globalement. Mon souhait à moi c’est que cela ne s’essouffle pas. Est-ce qu’il faudrait changer le lieu pour créer une autre ambiance ? Pourquoi pas ? C’est vrai que ce n’est pas un stage qui attire beaucoup de Français. Il y a beaucoup de Français qui prennent leurs vacances à cette période et ça ne vient pas à l’idée d’un Français de passer ses vacances en Belgique ou dans le Nord en général. Il y en a qui viennent occasionnellement mais deux jours à Bruges, deux jours à Maastricht. Pour une semaine de vacances tout le monde préférera la mer et le soleil. Peut-être faudrait-il proposer un cadre également agréable pour les accompagnants, pour les familles des pratiquants. Par exemple Spa. Si on trouve un arrangement pour que les personnes qui accompagnent puissent faire un peu de tourisme, avoir un peu de détente ça pourrait amener des pratiquants en plus. Les choses ont changé, les modes de vacances ont changé. Il faut qu’on y réfléchisse.

Flash : Quel regard as-tu sur l’aïkido belge ? Son niveau, en particulier ?

C.T.: Je ne vois pas de différences globalement chez les gens que je connais, que ce soit en Belgique ou en France. Le niveau est même plus élevé en moyenne qu’en France parce que c’est plus homogène comme groupe. Je ne parle évidement que de ceux que je connais. Si vous venez dans mon dojo à Vincennes ou dans le dojo d’un autre ou encore un autre où vous verrez un Aïkido radicalement différent, c’est encore une autre chose. En France, vu le nombre de pratiquants, il y a quelques très bons. Plus il y a de masse plus on peut retirer de bonnes personnes mais forcément plus il y aura aussi de personnes incompétentes c’est comme ça. La seule différence entre l’Aïkido en Belgique et en France est quantitative mais certainement pas qualitative. C’est homogène dans le milieu que je fréquente, les gens pratiquent super bien que ce soit en Italie, en Finlande, en Autriche, en Espagne … Par contre des pays comme l’Uruguay, ou encore à Belgrade où je suis récemment allé la pratique est plus marginale. Ils sentent bien là-bas qu’ils ne sont pas dans la mouvance actuelle. Miyamoto, Shibata, Yasuno, Osawa, moi … constituons une mouvance. Il y a des différences mais c’est le même moule. Une génération de maîtres est en train de partir et une autre génération prend le relai. C’est comme ça.

Merci beaucoup Sensei pour cet entretien.

C.T. Christian Tissier Shihan

A propos Sébastien

Sébastien Place pratique l’Aïkido depuis plus de 12 ans. Dojo cho et fondateur du Togishi Dojo, il est également rédacteur pour le magazine Flash Aïkido. Pratiquant les styles Aïkikaï et Kishinkaï, étudiant aussi le Shiatsu, le Hino Budo, le Hsing-I, la Sagesse du Corps d’Allen Pittman et le travail de Tim Cartmell, il publie régulièrement des articles liés aux arts martiaux et la culture asiatique.

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