Retour sur la découverte de la sagesse du corps avec Allen Pittman

Wisdom of the bodyEn organisant cette première MasterClass d’Allen Pittman en Belgique, je partais l’esprit ouvert et exempt de tout préjugé. Je connaissais uniquement le ressenti d’autres pratiquants français comme Léo Tamaki ou Erwan Cloarec aussi je comptais me faire mon propre avis sur la question. Pour ce contact qui sera le point de départ d’une belle série, je comptais sur trois soirées pour tester la pratique proposée par Allen Pittman. C’est donc par une initiation à Liège suivie par une série de deux classes de découverte dans le Hainaut (Soignies et Braine-le-Comte) que j’ai fais mes premiers pas en Sagesse du Corps auprès d’Allen Pittman. Je n’ai pas été déçu par ce personnage hors du commun.

Allen Pittman
Photo de Shizuka Tamaki

Le premier ressenti lors de ma rencontre avec Allen correspond totalement à celui de Léo, à savoir qu’Allen est un « gentleman ». D’une politesse rare et d’un calme olympien, sa personnalité est réellement fascinante tant du point de vue de la culture historique, martiale, scientifique, sociale, pédagogique … Il fait preuve d’une ouverture d’esprit et d’une humilité rares, compte-tenu de son expérience dans ces différents domaines. Allen possède un calme et une capacité d’adaptation aux événements qui forcent l’admiration. Son regard et son sourire sont ceux d’un homme curieux de tout. Pour avoir pu profiter de sa présence durant ces trois jours entiers, j’ai eu l’occasion de faire ample connaissance et rien que cette rencontre et l’expérience humaine en découlant sont un trésor en soi.

Allen Pittman
Photo de Shizuka Tamaki

Nos longues discussions passionnantes durant ces trois jours ont porté sur des sujets divers mais bien évidemment essentiellement centrés sur le travail du corps et les arts martiaux. Pour avoir parcouru une bonne partie du monde afin d’analyser les techniques de combat, Allen ne manque pas d’anecdotes très intéressantes qui respirent bon le vécu authentique.

Allen Pittman
Photo de Shizuka Tamaki

Allen n’a pas hésité à partager avec moi ses réflexions sur le corps et son utilisation dans le cadre des arts martiaux. Par exemple, illustrations dynamiques à l’appui, Allen m’a montré comment l’usage de l’arme (ou de l’outil) dans les combats change automatiquement l’utilisation et les postures du corps. Le travail de timing et de distance est essentiel quelle que soit l’approche martiale développée. Il m’a également fait démonstration des mouvements complexes nécessaires pour faire face à un partenaire équipé de deux armes (ce qui change radicalement la symétrie et la dynamique de la rencontre). Autre fait notable : la spécificité de la civilisation japonaise à ne pas avoir développé l’utilisation du bouclier (qui reste un point commun à toutes les autres cultures) et les implications de cette absence sur les positions de corps ainsi que l’esprit typique qui en découlent. Les bénéfices pour le corps des ukemis roulés et les danger musculaires et articulaires des brise-chutes.

Allen Pittman
Photo de Shizuka Tamaki

Nos discussions sur l’Aïkido ont éclairé certaines zones d’ombre et m’ont fourni de nouvelles pistes de recherches concrètes pour ma pratique future. Allen a insisté sur le rôle clé des atemis et leurs formes les plus pertinentes. Il a précisé notamment que l’une des lacunes de l’Aïkido réside dans ses attaques trop « vagues ». La cible des coups ou des clés doit être extrêmement précise sous peine de caricaturer le mouvement. Il m’a présenté des variations subtiles de mouvements selon l’endroit précis ou le coup est porté (si l’on vise l’œil au lieu du visage, selon la zone de l’abdomen visée, selon la partie de la nuque qui est contrôlée etc.). Il m’a conseillé d’explorer ces micro-variations et surtout leurs conséquences en travaillant lentement, souplement et à rythme constant afin de pouvoir les analyser en détail dans une dynamique réelle.

Allen Pittman
Photo de Shizuka Tamaki

Autre découverte étonnante : l’ossature commune des pratiques martiales étudiées par Allen qui malgré les périodes où les lieux où elles ont été / sont pratiquées restent extrêmement similaires. Allen m’a d’ailleurs exposé son point de vue sur d’une part la pratique martiale pure et d’autre part l’emballage culturel et idéologique qui entoure celle-ci. Il est selon lui important de bien séparer les deux aspect sous peine de créer des amalgames ou des contradictions au niveau de la pratique.

Allen Pittman
Photo de Shizuka Tamaki

Pour en venir à la Sagesse du Corps proprement dite, j’ai pu explorer le premier niveau de découverte avec l’aide d’Allen durant les trois jours de son séminaire en Belgique. De manière générale j’ai appris à redécouvrir la mécanique de mon corps par un retour aux différentes étapes de mon développement depuis la position à plat ventre au sol jusqu’à la stature debout en passant par l’exploration de mon environnement direct par les bras les épaules et les jambes, la reptation et les marches à quatre pattes (aussi bien la marche du lézard que du félin, de l’ours ou du primate). Cette séquence étant axée sur la (re)découverte des limites du corps, elle est bien entendue personnalisée/able et de difficulté progressive selon l’avancement dans la recherche.

Allen Pittman - marche animale
Allen Pittman – marche animale

L’un des buts de cette séquence est entre autre le développement des muscles profonds et posturaux nécessaires à un corps martialement performant, efficace et dynamique. Identifier ses forces et ses faiblesse articulaires et musculaires permet une nouvelle et réelle connaissance de soi-même. Allen rappelle d’ailleurs l’importance d’explorer un maximum de mouvements inédits, ces gestes que nous n’avons jamais effectués ou que nous avons oubliés. L’autre aspect développé est l’objectif curatif de la Sagesse du Corps. A chaque étape durant l’exploration et les exercices, Allen insiste sur le fait de s’arrêter sur les points douloureux et de s’y fixer quelques instants en y effectuant de petits mouvements afin de soulager ces zones de blocages.

Allen Pittman
Allen Pittman

Pour conclure, j’espère de tout cœur que la sagesse du corps puisse toucher un large public car ses apports au corps aussi bien mécaniques que curatifs sont une plus-value indéniable pour toute personne en recherche martiale ou corporelle.


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A propos Sébastien

Sébastien Place pratique l’Aïkido depuis plus de 12 ans. Dojo cho et fondateur du Togishi Dojo, il est également rédacteur pour le magazine Flash Aïkido. Pratiquant les styles Aïkikaï et Kishinkaï, étudiant aussi le Shiatsu, le Hino Budo, le Hsing-I, la Sagesse du Corps d’Allen Pittman et le travail de Tim Cartmell, il publie régulièrement des articles liés aux arts martiaux et la culture asiatique.

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