Retour sur le stage 2013 de Osawa Shihan à Bruxelles

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Ayant eu la chance de participer à une partie du stage d’Osawa Hayato Shihan durant ce weekend à Bruxelles, je profite de l’occasion pour rédiger un petit billet sur mes impressions lors de cet événement.

Osawa
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Plutôt que de me lancer dans un compte-rendu des techniques effectuées ou encore de l’ambiance (je laisse le soin de ces descriptions à ceux qui le souhaitent) je livre ci-dessous mes impressions et mon ressenti vis à vis du centre névralgique de tout stage : le professeur.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Cette interprétation est bien entendu subjective puisque limitée par mes propres perceptions et mon propre vécu mais je vous la propose au cas où elle pourrait vous apporter la moindre information utile :

Osawa Shihan profil
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La première impression que m’a faite Osawa Hayato Shihan (dont je suis le stage en Belgique pour la troisième fois) est sans nul doute la beauté de sa gestuelle et de sa posture. Comme l’avait déjà exprimé Christophe Depaus, Osawa Shihan possède une élégance naturelle qui transparaît dans tous les aspects de sa pratique. Il respire l’humilité et la bienveillance par son sourire et sa sobriété gestuelle et verbale.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Lorsque Osawa Shihan exécute une technique, il s’engage avec tout son être dans le mouvement avec son partenaire. Cela est visible/perceptible à chaque étape de son travail. De plus, par son exemple irréprochable et son regard positif omniprésent, il pousse les élèves à s’investir au maximum de leurs possibilités.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Osawa Shihan nous pousse d’ailleurs à la précision dans la posture aussi bien au niveau de la pose du pied, l’alignement des pieds, jambes, épaules, coudes mains et centre.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Comme je l’expliquerai plus bas, de cet alignement irréprochable et de la rigueur dans le geste naîtra le déploiement de puissance en fluidité. Trouver la posture juste et la conserver durant chaque partie de chaque mouvement est un point-clé.

Osawa Shihan Ushiro waza
Photo réalisée par Arnaud Beelen

Un autre point fort de sa pédagogie est la décomposition des gestes, lente mais constante, effectuée de prime abord sans partenaire afin de construire le déplacement pour soi. Cette gestuelle chorégraphiée (presque de la dance) supervisée par ses soins et exécutée par le groupe dans son ensemble et selon un même rythme, laisse ensuite la place à des mises en application par binôme comme nous en avons l’habitude.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Ce travail par rapport à soi-même ou bien par rapport à soi et son partenaire est un apport indéniable comparativement à la pédagogie la plus généralement appliquée dans nos dojos.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Les mouvement d’Osawa Shihan me paraissent empreints de nombreux atemis « sous-entendus » car il ne les marque jamais précisément mais ses partenaires semblent comme soumis à des mouvements induits qui leur font quitter la ligne d’attaque ou une posture stable. Ces atemis « invisibles » aiguisent ma curiosité.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Durant toute la durée du stage Osawa Shihan nous expose de nombreuses variations techniques basées sur les mêmes gestes afin de pouvoir exploiter et explorer l’alignement et la gestuelle dans des situation inédites (gage d’une appropriation corporelle optimale).

Osawa 18
Photo réalisée par Arnaud Beelen

En observant Osawa Shihan, je perçois un souci d’atteindre le cœur même de la technique (kokoro ?) car il semble se concentrer sur des mouvements relativement simples qui nous permettent d’apprendre à utiliser notre corps de manière optimale. Ikkyo, Irimi nage et Shiho nage paraissent les techniques primordiales de l’enseignement d’Osawa Shihan.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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L’architecture de son Aïkido me parait bâtie sur ces trois fondamentaux qui nous guident dans le travail de l’attitude et du rapport avec notre partenaire. Un travail durant lequel nous sommes amenés à nous concentrer sur l’optimisation des gestes (chaque mouvement parait tellement épuré, nettoyé de tout parasite) en évitant d’accomplir tout mouvement inutile.

Osawa Shihan Shiho nage
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Son travail corporel proposé à vitesse constante (tantôt rapide et tantôt lent bien qu’il n’ait pas semblé forcément nécessaire de pratiquer rapidement – notion à laquelle j’adhère totalement) nous permet de conserver la connexion avec le partenaire ce qui semble être un point primordial dans son enseignement : maintenir/préserver cette connexion autant que possible.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Osawa Shihan nous invite à considérer le mouvement du partenaire dans son ensemble afin de venir s’y intégrer au mieux sans jamais s’arrêter dans l’exécution de la technique sous peine d’en rompre la fluidité/ le relâchement. 

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Cette dernière notion qui m’a énormément touchée est justement le relâchement dont Osawa Shihan fait preuve dans ses techniques. Il m’a semblé pouvoir libérer une énorme puissance en un bref instant grâce à cette absence de tension dans le corps (ce qui fait écho à plusieurs enseignements que j’étudie régulièrement). Cette souplesse gestuelle associée à la puissance du mouvement dégagée m’a encore une fois subjugué.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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Pour faire le rappel avec la notion de posture que j’ai exposée plus haut, je crois comprendre que sans la posture correcte, sans une vitesse constante et une sans une connexion constante avec le partenaire, ce relâchement particulier et nécessaire à la dynamique ne peut être atteint.

Osawa Shihan
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J’espère que d’autres pratiquants (comme Stéphane) pourront compléter ou corriger ce descriptif et que mon analyse personnelle pourra vous être éventuellement profitable. Merci à Osawa Shihan pour ce stage plus qu’enrichissant et pour la profondeur de son enseignement.

Photo réalisée par Arnaud Beelen
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A propos Sébastien

Sébastien Place pratique l’Aïkido depuis plus de 12 ans. Dojo cho et fondateur du Togishi Dojo, il est également rédacteur pour le magazine Flash Aïkido. Pratiquant les styles Aïkikaï et Kishinkaï, étudiant aussi le Shiatsu, le Hino Budo, le Hsing-I, la Sagesse du Corps d’Allen Pittman et le travail de Tim Cartmell, il publie régulièrement des articles liés aux arts martiaux et la culture asiatique.

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