Les choses à éviter concernant la saisie en Aïkido – d’après Robin Hoshino

En préambule, je souhaite vous préciser que cet article est une traduction par mes soins d’un article de Robin Hoshino qu’il a publié sur son blog personnel. Je tiens à remercier Robin de m’avoir permis de traduire son article et d’utiliser les dessins qu’il a réalisés pour l’illustrer. Je l’ai trouvé drôle et pertinent, j’espère qu’il vous plaira également.

Les choses à éviter concernant la saisie en Aïkido

Pratiquant l’aïkido presque tous les jours depuis plus de deux ans, j’ai pensé qu’il serait intéressant de résumer certaines choses que j’ai remarqué à ce propos. Ce problème est assez répandu chez les novices, mais si vous conservez cette erreur au niveau de la ceinture noire, vous courez le risque d’avoir au mieux l’air stupide , au pire de faire croire à votre partenaire que vous essayez de commencer un véritable combat. Bien entendu, je sais aussi que je ne suis pas parfait, et je ne suis nullement en train de pointer du doigt quelqu’un du haut de ma petite expérience. Des mouvements comme effectuer une traction peuvent être subtiles et difficiles à conscientiser par vous-même, et nous avons tous déjà saisi en étant pas tout à fait en Hanmi alors que nous aurions dû l’être à ce moment donné. Alors oui, gardons tout ça en tête avant de lire la suite, d’accord ?

Les bases de la saisie

Tenir le bras normalement. Certaines personnes ont cette tendance étrange à saisir exactement sur l’articulation du poignet et de serrer ensuite. Je ne sais pas ce que ces gens pensent faire, mais qu’ils arrêtent, s’il vous plait. Dans les cas extrêmes, l’Uke semble perdre complètement de vue la vision d’ensemble et se concentrer uniquement sur l’accroche statique de votre bras comme un mollusque à un rocher.

En lien avec cela, pensez à ces gens littéralement accrochés à vous / qui s’appuient sur vous. Non, non, non. Si en tant qu’Uke vous faites cela, vous renoncez entièrement à votre équilibre. C’est beaucoup trop tôt pour ça. Je veux dire que si vous êtes prêt à tomber par vous-même, Tori (votre partenaire) n’a pas vraiment besoin de vous projeter, il suffit de s’écarter de votre chemin pour vous renverser comme un fétu de paille. L’importance d’apprendre un bon ukemi dès le début est évidente ici.

La distance

Encore une fois, même en tant qu’uke, vous devriez avoir un certain sens de l’auto-préservation. Se tenir trop près de Nage, être trop regroupé ne vous sert pas grand-chose dans cette situation. Il devient difficile de se connecter à partir du centre et de réagir. Rappelez-vous que l’objectif n’est pas de s’accrocher à la personne pour la vie. Vous êtes censé être l’attaquant. Ne vous mettez pas ainsi dans une position vulnérable.

Tirer et pousser : ce phénomène peut se produire que l’on soit tori ou uke. Plutôt que d’aller vers le centre de l’adversaire, votre esprit se focalise sur le bras saisi et essaye de le faire bouger. C’est vraiment désagréable tant en terme de poussée que de traction. Voulez-vous que Tori vous tombe dessus ? D’accord. Mais je ne vois pas en quoi c’est une victoire. C’est un travail vraiment délicat. La plupart des gens qui poussent et tirent n’en sont pas conscients jusqu’au niveau avancé. Parfois c’est plus évident, parfois cela ne se marque que d’un seul côté. Apparemment je tire parfois sur le bras de mon partenaire en prenant ukemi sur shihonage et seulement d’un côté. J’y travaille encore. Il est aussi très fréquent de pousser seulement sur le bras sans prendre le centre sur des techniques comme ikkyo ou autres. Ce sont des points à surveiller.

L’Ukemi

Certaines personnes veulent peut-être que leur visage finisse par ressembler à un tableau de Picasso ? En effet, plutôt que d’avancer avec leur centre, il y a parfois des gens qui préfèrent sacrifier leur visage. Ce genre de posture est complètement inutile car en faisant avancer tout le corps vous restez plus stable et en meilleure position pour réagir.

Un autre problème assez commun : ne pas se positionner en hanmi. Je rencontre cette situation particulièrement si l’uke suit dans la rotation d’un irimi-tenkan et qu’il vient se planter bien droit devant moi à l’arrivée, totalement exposé, bien à portée de frappe. Encore une fois, même comme uke pensez à conserver un certain sens de l’auto-préservation.

Pour finir je tenais à présenter une dernière situation cocasse : prendre son ukemi avant même que Tori n’ait fait quoi que ce soit. Cela me rend particulièrement dingue dans un dojo bondé : tout le long de la technique vous prenez grand soin de ne pas heurter les gens autour de vous et soudainement votre uke se jette loin de vous totalement au hasard dans un roulement spectaculaire. Pour faire ce genre de roulades acrobatiques, il suffit d’aller s’amuser tout seul dans un champ. Si ce n’est pas le but, que Uke essaie au moins de rester connecté. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais au minimum à essayer. Bien sûr, si Tori tire ou part en avant, cela peut être très difficile. C’est pour cette raison que c’est intéressant : avec les deux partenaires qui donnent chacun le meilleur d’eux-mêmes et qui sont attentifs à l’autre, vous pouvez faire des découvertes vraiment riches. D’abord, il est important d’être capable de se protéger avec un bon ukemi et c’est également formidable si vous parvenez à construire une relation de confiance entre partenaires afin de vous donner un feedback réciproque. De cette manière tout le monde s’améliore.

Toutes les images sont la propriété de Robin Hoshino et ne doivent pas être utilisées sans autorisation.

 

A propos Sébastien

Sébastien Place pratique l’Aïkido depuis plus de 12 ans. Dojo cho et fondateur du Togishi Dojo, il est également rédacteur pour le magazine Dragon - spécial Aïkido. Pratiquant les styles Aïkikaï et Kishinkaï, étudiant aussi le Shiatsu, le Hino Budo, le Hsing-I, la Sagesse du Corps d’Allen Pittman et le travail de Tim Cartmell, il publie régulièrement des articles liés aux arts martiaux et la culture asiatique.

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