Retour sur le stage 2015 de Léo Tamaki à Saint-Léger

Pour ne pas changer, c’est un weekend complet et ensoleillé d’Aïkido en Gaume en compagnie de Léo Tamaki et des pratiquants du dojo de Saint-Léger qui se termine.

C’était pour moi une découverte de nouveaux partenaires de pratique à l’esprit ouvert et curieux ainsi que les retrouvailles avec les habituels membres du Kishinkai et les autres habitués des stages de Léo Tamaki.

Vendredi soir à Liège

J’ai profité d’un peu de temps libre pour participer au pré-stage organisé à Liège au dojo d’Arnaud Lejeune. Ce cours spécial était axé sur les passages de grades du Kishinkai. La partie du passage de grade étudiée ici était la partie technique (normalement suivie par le travail aux armes préparé, le travail technique libre préparé, le travail en tant qu’uke sur techniques libres, le travail en techniques libres non préparé et enfin le travail aux armes non-préparé).

Après une mise en condition rapide, Léo a proposé un enchaînement de techniques de base en suwari waza, hanmi handachi waza et tachi waza selon un rythme soutenu. Une fois cette série accomplie, Léo a repris les techniques une par une en les faisant démontrer à chaque fois par un élève et en précisant les éventuelles corrections.

Les différences entre le niveau shodan et nidan se situent essentiellement dans la variété des attaques proposées ainsi que sur certaines techniques plus rares et plus complexes. Par exemple en shodan le travail en ushiro waza est basé sur ryote dori tandis qu’en nidan il le sera sur ryokata dori. En tachi waza shodan on trouvera plutôt des attaques en type shomen uchi ou yokomen uchi là où on trouvera du morote dori ou du katate dori menuchi en nidan.

Une partie du cours a également été consacrée aux subtilités du travail de kochi nage et ses différentes variantes.

D’un point de vue strictement personnel, je retiens surtout les démonstrations impressionnantes des autres futurs candidats au passage de grade ainsi que la forme de kote gaeshi avec la seconde main qui vient couper vers la gorge du partenaire, le kubi nage (ma découverte du jour) et les kokyu nage en coupe bien marquée.

Samedi matin à Saint-Léger

Le cours du samedi matin était principalement consacré au katate dori.

La séance a à nouveau débuté avec les exercices régulièrement proposés par Léo, dont les ukemi avant et arrière, les étirementsrelâchements et les exercices respiratoires.

Nous avons débuté le stage par un travail de connexion au niveau du poignet. La saisie du katate dori est légère, afin de pouvoir capter des informations sur tori et lui en fournir le moins possible. Progressivement le contact se déplace et tori doit ressentir et suivre ce contact pour ne laisser que le moins possible d’informations à uke. C’est donc un travail axé sur les principes d’awase et de musubi. Léo propose ensuite d’initier une technique shiho nage sur le katate dori.

Voyant que certains pratiquant ne visualisaient pas bien le plan dans lequel exécuter le shiho nage (subtilement différent des formes académiques), Léo nous a demandé de prendre notre bokken afin de simuler le mouvement par une coupe complète commençant devant et se finissant derrière (cercle complet décrit par le sabre au sein d’un même plan vertical) et à genoux. Nous avons ensuite été invités à pratiquer divers exercices à main nue contre cette coupe de sabre (saisie d’un poignet, puis l’autre poignet, contrôle du mouvement en tenant la pointe du bokken du partenaire etc.). Le but étant de nous familiarisé avec le ressenti du geste et de la trajectoire afin de revenir à la technique à mains nues avec plus d’aisance.

La saisie d’uke peut induire un recul ou une absorption de tori selon l’intensité et la direction. Nous devons donc travailler les deux cas de figure de manière séparée dans un premier temps, de manière mixte et aléatoire dans un second temps.

Je retiendrai comme principaux conseils de Léo de ne pas plier le bras de uke (ni de modifier son angle d’ouverture) ni de le tordre afin de ne pas induire de réaction de blocage. Il convient également de bien envoyer le bras d’uke selon un grand cercle derrière lui et vers le sol afin d’induire le kuzushi (déstructuration) et le plus grand déséquilibre possible.

Nous terminons le cours par un jiyu waza en katate dori puis un exercice de retour au calme. Lors du jiyu waza, Léo insiste sur le fait qu’uke ne doit pas chercher à s’opposer au mouvement. Il est trop tard pour les corrections de techniques à ce stade du cours. Tori travaille les techniques de son choix : une technique particulière, l’ensemble des techniques étudiées au cours  ou d’autres techniques.

Le retour au calme s’effectue sur suwari waza ryote dori kokyu ho. Léo demande à uke de créer la saisie la plus neutre possible. En tant que tori, nous devons essayer de sentir les microdirection de la saisie afin de la dévier pour déséquilibrer et projeter uke. Il est important de ne pas prolonger artificiellement les directions des saisies car cela entraîne un blocage d’uke.

Samedi après-midi à Saint-Léger

Le cours du samedi après-midi était consacré au kuzushi et à la déconnexion volontaire des bras.

Nous entamons le travail de l’après-midi par quelques maki otoshi (chasser-enrouler) au bokken. Léo passe comme d’habitude dans chaque groupe pour sentir le travail de chacun et faire sentir les subtilités de la technique.

Léo nous propose ensuite un exercice de poussée sur les paumes pour nous permettre de ressentir comment exercer une pression ou résister à une pression sans utiliser le poids du corps ou l’encrage dans le sol (risque de déséquilibre, de ralentissement etc.). Il faut parvenir à déconnecter la chaîne “épaules – bras – coude” du reste du corps afin de les laisser travailler indépendamment.

Une fois que nous avons été sensibilisés au principe, Léo nous propose de l’appliquer dans le cadre de techniques sur la saisie katate dori. Nous travaillons alors sur soto kaiten nage (bien glisser la main dans dos du partenaire en suivant le geste pour ne pas rencontrer de résistance – bien couper du tranchant de la main sur la nuque de celui-ci). Le fil conducteur restant de déconnecter le bras saisi afin de conserver notre liberté d’action et de mouvement pour pouvoir entrer sur le partenaire.

Léo nous suggère de passer ensuite à uchi kaiten nage en expliquant bien que la saisie du poignet sera instinctivement rompue si nous tentons de contraindre uke dans le mouvement. Il faut bien entrer vers lui avec un atemi simultané à l’amorce du mouvement du poignet et du bras pour alors suivre son geste afin de maintenir le contact contre le poignet. Enfin nous pouvons alors glisser la main vers l’omoplate de uke avant de terminer par le contrôle de la nuque et la projection.

Je retiendrai aussi l’idée qu’un atemi sera efficace dans deux cas : si l’on souhaite le porter alors il faudra masquer toute intention pour surprendre uke et pouvoir l’atteindre – si l’on ne souhaite pas le porter il faudra concentrer toute son intention sur l’idée de frapper afin que uke réagisse créant ainsi l’amorce du kuzushi.

Léo nous montre alors une évolution de cette technique sur chudan tsuki. Nous ressentons alors la fenêtre de temps et de distance plus courte pour accomplir l’entrée de la technique.

Le principe est ensuite appliqué sur katate dori – sokumen irimi nage. Le mouvement doit être encore plus subtil et la déconnexion du bras saisi encore plus efficace. Le mouvement évolue ensuite sur chudan tsuki – kokyu nage. La main de coupe du kokyu nage doit bien suivre le bras du uke jusqu’à l’épaule pour atteindre le visage de celui-ci avec rapidité et efficacité tout en entrant le corps bien aligné vers lui afin d’augmenter le kuzushi.

Le cours se termine sur une courte méditation.

Conclusion

Je n’ai malheureusement pas eu la chance de participer au cours du dimanche matin mais je garde un excellent souvenir de ce premier stage à Saint-Léger aussi bien du point de vue de la richesse technique proposée une fois de plus par Léo que par la générosité et l’accueil de pratiquant du Tenshinkan Dojo. Je note que la présence des enfants – membres du dojo était vraiment rafraîchissante.

Merci à Marc Lahaye pour l’organisation de ce stage qui, je l’espère, se renouvellera en 2016. Je termine ce billet avec quelques photos du stage réalisées par Nicolas.

A propos Sébastien

Sébastien Place pratique l’Aïkido depuis plus de 12 ans. Dojo cho et fondateur du Togishi Dojo, il est également rédacteur pour le magazine Dragon - spécial Aïkido. Pratiquant les styles Aïkikaï et Kishinkaï, étudiant aussi le Shiatsu, le Hino Budo, le Hsing-I, la Sagesse du Corps d’Allen Pittman et le travail de Tim Cartmell, il publie régulièrement des articles liés aux arts martiaux et la culture asiatique.

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